Ils ont tout préparé. La météo, elle, n’était pas au courant.
Ils ont tout préparé. La météo, elle, n’était pas au courant.

Il y a des weekends où le plan est clair, les outils sont prêts, et le chantier suit. Et il y a des weekends où la météo décide à votre place.

Ce weekend-là, c’était les deux en même temps.

Greg est de retour

Je suis pas seul cette fois. Greg — que vous avez aperçu dans la première vidéo — est là pour donner un coup de main. Et honnêtement, sur un chantier comme celui-là, avoir quelqu’un à côté change tout. Pendant que l’un ponce, l’autre prépare. Pendant que l’un mélange, l’autre applique. Le boulot avance autrement.

L’objectif du weekend : avancer sur les passe-coques. Ponçage, mastiquage, et si tout va bien, premières couches d’époxy. Le genre de chantier qui paraît simple sur le papier et qui te rappelle très vite que rien sur un vieux bateau ne ressemble à ce que tu avais prévu.

Le protocole, étape par étape

Avant de poser quoi que ce soit, il faut préparer les zones. Greg ponce les emplacements des passe-coques pendant que je m’occupe des anodes et du compteur de vitesse — cette petite hélice qui tourne et qui mesure la vitesse. Les deux sortent sans trop de problèmes.

Là où ça se corse, c’est sur certaines zones de la coque. On découvre des chocs anciens, des trous, une fibre qui commence à se montrer là où l’antifouling a été trop agressif. Pour chaque problème, la même réponse : dégraisser à l’acétone, créer un biseau au grain 40 tout autour de la zone abîmée, puis combler avec du Watertite — le mastic époxy bicomposant qui sert à reboucher avant de passer les couches de protection.

On enlève aussi la plaque de masse. Et là, mystère : quand elle tombe par terre, elle fait pas le bruit d’un métal. Si quelqu’un dans les commentaires a une idée de ce que c’est comme matériau, on prend.

Parenthèse SVB Marine

Un grand merci à SVB Marine pour les passe-coques — parce qu’on en a beaucoup, et que ce refit ne se finance pas tout seul. SVB, c’est le site qu’on utilise depuis le début du projet : catalogue énorme (accastillage, électronique, électricité, mouillage, vêtements, cartes marines), des prix compétitifs, et surtout une livraison qui arrive vraiment — ce qui, depuis Évian, est loin d’être une évidence. Livraison mondiale également, ce qui compte pour la suite du projet quand on sera en route. Le code CQS Evidence dans la description vous offre une petite sangle.

Dimanche : trop froid pour l’époxy

La nuit a été mouvementée. Vent fort, bateau qui bouge sur les chandelles, peu de sommeil. Le dimanche matin arrive avec toujours autant de vent et un ressenti proche de zéro degré.

Problème : l’époxy nécessite minimum 5°C pour sécher correctement. On est en dessous. Impossible d’appliquer les couches de protection sur les passe-coques dans ces conditions — ça ne sèche pas, ça ne colle pas, et le travail serait à refaire.

On adapte. Plutôt que de forcer et rater l’application, on fait une simulation de pose de passe-coque pour vous montrer comment ça fonctionne. Le principe : un outil dédié permet l’installation depuis l’extérieur, seul si besoin. On glisse le passe-coque dans l’outil, on applique du Sikaflex 291i généreusement sur la collerette, on engage depuis l’extérieur, et on fixe la vis depuis l’intérieur. Propre, étanche, et finalement pas si compliqué une fois qu’on a le bon outillage.

Lundi matin : le soleil, enfin

On dort chez la famille de Greg plutôt que sur le bateau — bonne décision. Le lundi arrive avec du soleil. Le vent est encore là, mais au moins la température remonte.

Greg ponce le mastique posé la veille pendant que j’applique la première couche d’époxy — un Light Primer de chez Hempel, dilué à 10%, au rouleau. On commence par le gouvernail, pour tester la quantité de matière nécessaire et calibrer ce qu’il faudra acheter pour l’ensemble de la coque. Le résultat : le gouvernail est propre, blanc, sans une trace de bleu. Trois couches au total seront nécessaires, avec 6 à 8 heures de séchage entre chaque passage.

Le reste de la coque attendra un prochain weekend avec de meilleures conditions.

Et l’antifouling ?

On n’en parle pas encore. Mais la question a été posée en vidéo, et la réponse a été claire : c’est un sujet à part entière, qui fera l’objet d’un épisode dédié. Si vous suivez cette question — et vous devriez, parce que notre approche va être un peu différente — restez abonnés.


Le chantier continue. Prochain passage : finir les couches d’époxy, poser les passe-coques pour de vrai, et commencer à parler sérieusement de l’antifouling. Toute la suite est sur la chaîne YouTube CQS Evidence.