Il y a des travaux visibles, gratifiants, presque “instagrammables”.
Et puis il y a ceux qu’on ne voit jamais… mais qui peuvent décider du destin d’un bateau.
Ce week-end-là, sur CQS Evidence, notre Mikado de 1979, on a attaqué un chantier essentiel :
👉 enlever les passes-coque et les vannes.
Et ce qu’on a découvert nous a rappelé une chose simple : sur un voilier, la sécurité commence sous la ligne de flottaison.
⚓️ Les passes-coque : petits éléments, énorme responsabilité
Un passe-coque, c’est quoi ?
C’est tout simplement une ouverture traversante dans la coque permettant à l’eau d’entrer ou de sortir :
évacuations d’évier
WC
prise d’eau moteur
cockpit
etc.
À chaque passe-coque est associée une vanne, qui permet de fermer l’arrivée d’eau.
👉 Ce sont littéralement des trous dans le bateau.
Et quand on navigue, ils sont sous la ligne de flottaison.
Si un passe-coque casse, se fissure ou si une vanne cède…
l’eau entre.
Et elle entre vite.
C’est pour ça que les passes-coque sont considérés comme des éléments de sécurité majeurs sur un voilier.
🔍 L’état des nôtres : corrosion et inquiétude
En démontant les premières vannes, on a compris qu’on avait bien fait de ne pas attendre.
Les pièces étaient :
rouillées,
marquées par le temps,
pour certaines fortement corrodées.
Sur un bateau en acier de 1979 comme le nôtre, avec plusieurs décennies d’humidité, d’eau salée et d’électrolyse, ce genre de surprise n’est malheureusement pas rare.
Certaines vannes étaient dures à manœuvrer.
D’autres présentaient des signes clairs de fatigue du métal.
👉 Et là, on réalise quelque chose d’assez simple :
ce n’est pas une question d’esthétique.
C’est une question de sécurité.
Un passe-coque fragilisé peut devenir un point de faiblesse critique.
Et en mer, on ne veut aucun doute sur ce genre d’élément.
🔧 Le démontage : pas simple, mais nécessaire
Retirer des passes-coque vieux de plusieurs décennies, ce n’est pas un chantier rapide.
Entre :
l’oxydation,
les filetages bloqués,
les joints collés par le temps,
les accès parfois compliqués,
il a fallu s’armer de patience.
Mais à chaque pièce déposée, c’était un soulagement.
On enlevait une source de risque.
On repartait sur du sain.
🛠️ Ponçage et préparation : repartir d’une base propre
Une fois les passes-coque retirés, on a continué le travail de préparation de la coque.
Au programme :
ponçage des zones concernées,
nettoyage,
inspection des surfaces.
Sur un voilier ancien, rien n’est jamais parfaitement simple.
Chaque couche retirée raconte une époque du bateau.
Mais ce travail de fond est indispensable si l’on veut :
fiabiliser le bateau,
préparer une rénovation durable,
éviter les mauvaises surprises en navigation.
⚠️ Pourquoi les passes-coque sont un point de vigilance absolu sur un voilier ancien
Beaucoup de propriétaires repoussent ce chantier parce qu’il est peu visible.
Pourtant, c’est l’un des premiers éléments à vérifier lors d’un achat de voilier.
Avec le temps :
le laiton peut se dézinguer,
l’acier peut rouiller,
les vannes peuvent gripper,
l’électrolyse peut fragiliser les métaux.
Un passe-coque en mauvais état peut céder sans prévenir.
Et contrairement à une panne électrique ou un problème esthétique,
👉 une voie d’eau est une urgence immédiate.
Sur CQS Evidence, on a fait le choix clair :
on préfère remplacer trop tôt que trop tard.
🌊 Construire la confiance avant de construire le voyage
Ce week-end n’était pas spectaculaire.
Pas de grand large, pas de voiles gonflées, pas de coucher de soleil cinématographique.
Mais c’était un week-end fondateur.
Parce que naviguer loin, ce n’est pas seulement rêver.
C’est s’assurer que chaque élément critique est fiable.
En retirant ces passes-coque rouillés, on n’a pas juste démonté des pièces métalliques.
On a renforcé la sécurité du bateau.
On a posé une brique de plus dans la construction de notre projet.
⛵️ Les routes de l’Évidence : avancer étape par étape
Notre objectif n’est pas de partir demain traverser les océans.
C’est de construire un voilier sûr, solide et cohérent.
Ranger.
Moderniser l’électricité.
Remplacer les éléments critiques.
Préparer la coque.
Chaque week-end de travaux nous rapproche d’un bateau plus fiable.
Et d’une navigation plus sereine.
Parce qu’au fond, la vraie liberté en mer commence par la sécurité.