Décaper l’antifouling d’une coque de 16 mètres
Vingt ans de peinture superposée, 16 mètres de coque, et trois mois de week-ends au racloir. Ce n’est pas un chantier technique : c’est un chantier physique, et c’est celui qui commande tous les autres travaux de carène.
Pourquoi on ne peut pas y couper
Tant que l’antifouling est là, on ne peut rien faire de propre dessous. Le traitement anti-osmose, le primaire époxy, et tout revêtement de carène derrière — rien n’accroche sur des couches successives de peinture vieillie.
C’est aussi le seul moment où on voit vraiment la coque. Sous vingt ans de peinture, on trouve ce que personne n’a regardé depuis longtemps : cloques, reprises anciennes, état réel du gelcoat.
Combien de temps, vraiment
La réponse honnête, pour un 16 mètres et à une ou deux personnes : environ trois mois de week-ends, de la mi-janvier à la mi-avril dans notre cas. Pas trois mois à plein temps — trois mois de samedis et de dimanches, morceau par morceau, côté par côté.
Le dernier week-end, celui qui a fini le travail, donne l’échelle : huit heures de grattage le samedi, sous la pluie, puis la partie avant le dimanche de 8 h à 11 h 10. Bleus sur les bras, moustiques, et une coque nue sur toute la longueur.
Si vous planifiez, comptez en week-ends, pas en heures. C’est la seule unité qui tienne quand le bateau est à quatre heures de route.
L’ordre qui économise les bras
La règle qu’on a fini par appliquer, et qu’on aurait aimé connaître au début : faire le pire en premier, quand on a encore de l’énergie.
| Zone haute, sous la flottaison | Bras levés au-dessus des épaules, mauvais angle de grattage. À attaquer en premier, le matin. |
| Arrière et bulbe d’hélice | Les zones les plus ingérables géométriquement. En milieu de journée. |
| Partie avant | La peinture résiste davantage : prévoir plus de temps que la surface ne le suggère. |
| Partie basse | Angle confortable, ça avance vite. À garder pour quand les bras lâchent. |
Ce qu’il faut avoir
L’outillage est dérisoire à côté du temps passé. Ce qu’on a réellement dépensé sur ce poste :
| Racloirs et lames de rechange | 64 € |
| Masques | 36 € |
| Primaire époxy 2,5 L (l’étape d’après) | 481 € |
| Revêtement de carène Finsulate (à venir) | 4 700 € |
Les lames s’usent vite : en prévoir beaucoup plus que ce qui paraît raisonnable. Le masque n’est pas optionnel — on gratte de la peinture ancienne, dont on ignore la composition.
Les détails qui coûtent une journée si on les rate
- Déposer les passe-coques avant de gratter autour. On a retiré celui de la cuisine pour pouvoir travailler proprement dans cette zone — et il fallait de toute façon le remplacer. Le détail est dans la fiche passe-coques.
- La météo décide. On peut gratter sous la pluie ; on ne peut ni poncer ni appliquer quoi que ce soit derrière. Le grattage est la seule étape qui tolère le mauvais temps — autant la faire quand il fait moche et garder les belles journées pour l’époxy.
- Finir une zone avant d’en ouvrir une autre. Une coque à moitié grattée partout est plus démoralisante qu’une coque grattée à un tiers proprement.
- Prévoir le mastic époxy tout de suite après. Les anciens logements de passe-coques se rebouchent pendant que la coque est nue et sèche.
Ce qui vient après
Coque nue → traitement des défauts et mastic époxy → primaire époxy → revêtement de carène. Chaque étape a besoin que la précédente soit finie et sèche, ce qui fait du décapage le chemin critique de tout le chantier de carène : tant qu’il n’est pas bouclé, rien d’autre ne peut avancer sous la flottaison.
Le récit du week-end qui a fini le travail est dans l’article du journal. L’ensemble des dépenses de carène, factures à l’appui, est sur la page Budget.
