Un weekend seul, une coque entière, et les bras qui lâchent

La coque du Mikado après le grattage de l’antifouling

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Il y a des weekends où on avance. Et il y a des weekends où on finit.

Celui-là, c’était un weekend de fin. Fin du grattage de l’antifouling sur la coque du Mikado, un chantier que je traîne depuis plusieurs semaines, morceau par morceau, côté par côté. Cette fois, j’avais décidé : je rentrais pas sans en avoir vu le bout.

Vendredi soir, seul à bord

J’arrive le vendredi à 20h. Lucas est pas là ce weekend. Petites pâtes au beurre, le repas de la flemme assumé, et j’inspecte l’état des lieux. La coque m’attend. Elle me nargue, même.

Le plan est simple sur le papier : gratter samedi, poncer dimanche matin, repartir avec quelque chose de propre derrière moi. Sauf qu’il va pleuvoir. Qu’il y a du vent. Et que je suis probablement un peu malade.

Mais bon. On y va quand même.

Samedi : 8 heures de grattage sous la pluie

5h du mat le dimanche, c’est le Grand Prix de F1. Donc samedi, je dors bien, je mange bien, et je gratte autant que possible.

J’attaque par la partie la plus dure en premier — la zone haute, bras levés au-dessus des épaules, angle de grattage difficile. La logique, c’est de faire le pire pendant qu’on a encore de l’énergie. La partie basse, elle, est plus accessible, l’angle est bon, ça avance mieux. Je me la garde pour quand les bras commencent à lâcher.

À 11h30, j’ai abattu deux heures et demie de travail sur une belle surface. Il pleut. Je continue. L’après-midi, je m’attaque à l’arrière et au bulbe d’hélice, les zones les plus chiantes géométriquement. À 18h18, l’arrière est terminé.

Résultat de la journée : environ 8 heures de grattage. Bleus sur les bras, moustiques, pluie froide par intermittence, et une coque aux 3/4 nue. Je rentre au bateau, douche, Pringles, un truc sur l’écran, et dodo.

Dimanche 5h du mat : F1, puis retour au combat

Le réveil sonne pour le Grand Prix. Je me rendors à moitié. À 8h, je mange un bout et j’y retourne.

Il reste la partie avant — la plus coriace selon ce que j’avais vu la veille. Le bleu résiste mieux ici. Le vent se lève, l’orage est annoncé. J’accélère.

À 11h10, c’est fini.

Je prends un peu de hauteur pour regarder la coque en entier. Plus d’antifouling. La fibre est là, nue, sur toute la longueur du bateau. C’est un de ces moments où t’as envie de dire un mot grossier très fort et très distinctement.

Ce que ça change concrètement

La coque entièrement grattée, c’est pas juste une étape esthétique. C’est la condition pour tout ce qui suit : le traitement anti-osmose, l’application de l’époxy, et ensuite l’installation du Finsulate. Tant que l’antifouling est là, on peut rien faire de propre dessous.

J’ai aussi profité du weekend pour enlever le passe-coque de la cuisine — il fallait le virer pour pouvoir gratter proprement dans cette zone. La semaine prochaine, l’objectif c’est de revenir avec du mastic époxy pour boucher l’ancien logement, et préparer la pose du nouveau. L’époxy suivra.

Ce que ce weekend m’a appris (encore)

Travailler seul sur un gros chantier physique, c’est un exercice mental autant que physique. T’as personne pour te motiver, personne pour prendre le relais. T’as juste le boulot devant toi et la question de savoir si t’es du genre à finir ce que t’as commencé.

Ce weekend, j’ai la réponse.

La prochaine fois qu’on se retrouve ici, on passe à autre chose. La coque, c’est derrière nous.

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