Cette semaine-là, il n’y avait pas de plan propre sur papier. Il y avait un bateau, un tas de matériel neuf sorti des cartons, et l’idée qu’on allait enfin sortir le réseau électrique de son état « installation de fortune » pour passer à quelque chose de pensé, de propre, et de fiable pour un tour du monde.
Spoiler : ça a commencé par tout casser.
Tout démonter pour tout refaire
Première étape, sans même hésiter : débrancher les batteries et dégager l’espace. J’avais dit que j’allais tout démonter, et je l’ai fait, jusqu’au bout. Pas par plaisir de la destruction, mais parce que je n’arrivais pas à accéder aux câbles autrement. Résultat : tout ce que j’avais posé avant est parti, et on s’est retrouvés avec un espace à nu, moche, mais enfin lisible.
Ça a aussi voulu dire déplacer la machine à laver pour libérer un vrai emplacement dédié aux batteries, avec un mur juste à côté pour accrocher tous les appareils électriques. Ce genre de détail qui paraît anodin sur le papier, mais qui change complètement l’accessibilité et le confort de travail une fois en mer.
Le matériel qui arrive, et le partenariat qui change la donne
Une bonne partie du matériel de cette semaine — Lynx Power In, Smart Shunt, chargeur pour les batteries moteur, les deux convertisseurs Orion — nous a été envoyée par SVB Marine, partenaire du projet. Sans forcer le trait : c’est aujourd’hui un des sites que j’utilise le plus pour tout ce qui touche au bateau, avec un catalogue qui dépasse les 30 000 références, de l’électricité jusqu’à la plomberie, livré même directement au port. Le service client répond vite, aussi bien côté SAV que conseil, ce qui compte quand on prépare une semaine de travaux et qu’on n’a pas envie de payer le prix fort dans les boutiques du port.
Pour ceux qui veulent commander : le code CQSEVIDENCE donne accès à un produit offert au choix (sangle, bob, casquette, attache-lunettes…) sur le site.
Comprendre le schéma avant de brancher quoi que ce soit
Avant de toucher à un seul câble, j’ai pris le temps de reposer le schéma électrique du bateau au calme. Concrètement, ça se découpe en deux circuits qui communiquent :
- Les batteries de servitude (deux actuellement, en série pour du 24V, appelées à être multipliées par deux ou trois) alimentent le Lynx Power In via un fusible. Celui-ci se connecte directement au Lynx Distributeur, qui redistribue toute l’alimentation dans le bateau : l’onduleur pour le 230V, le tableau électrique principal, et les arrivées de charge (chargeur lithium et les deux Orion).
- Un Smart Shunt posé sur le négatif permet de suivre toutes les tensions du circuit servitude.
- De l’autre côté, les batteries moteur ont leur propre Smart Shunt, connecté directement à l’alternateur 24V, et rejoignent le bus négatif commun du bateau.
- Le tout remonte vers le Cerbo GX, le petit ordinateur de bord Victron qui centralise toutes les données du réseau en temps réel.
Pour ceux qui débutent en électricité de bord, la page « exemples d’installation » de SVB Marine (rubrique Victron) est une bonne base : chaque appareil du schéma type est cliquable et renvoie directement vers la pièce correspondante.
Deux jours et demi de branchements, et une cuisine refaite en prime
Une fois le schéma clair en tête, il a fallu brancher. Deux fusibles côté arrivée, les deux Orion connectés, un bus bar positif commun pour limiter le nombre de connexions et de câbles. Pendant ce temps, en parallèle, la cuisine s’est refaite : évier posé, plan de travail changé, une couleur plus claire pour éclaircir un peu l’intérieur du bateau. Ce n’était pas prévu comme un chantier à part entière, mais un évier mal fixé et un ancien plan de travail à l’arrache ont vite entraîné leur propre démontage-remontage.
Une bonne partie du travail s’est faite dans le bordel — organisé, mais bordel quand même. C’est le rythme normal d’un chantier de ce type : on avance sur un point, on découvre un blocage ailleurs, on s’adapte.
Le moment où ça s’allume vraiment
Après une grosse journée de branchements, le test : on met la servitude en route, on allume les lumières. Ça fonctionne. Ce moment-là, aussi simple soit-il sur le papier, reste le seul vrai indicateur qu’un réseau électrique de bateau est correctement pensé — pas juste branché.
Sur l’app Victron Connect comme sur le portail VRM, on retrouve maintenant toutes les données en temps réel : pourcentage de charge, puissance en sortie, tensions, courants, températures des batteries. De quoi suivre l’installation correctement, ce qui reste, pour moi, le vrai avantage de la marque malgré le prix des appareils.
Ce qu’il reste à faire
Rien n’est jamais totalement terminé sur ce genre de chantier. Il manque encore un coupe-circuit pour isoler les batteries en mon absence. Une des deux batteries de servitude s’est révélée déséquilibrée à pleine charge — elle est sous garantie, un dossier est en cours. Le tableau électrique a été réarrangé, plus fonctionnel qu’avant même s’il paraît un peu plus brouillon visuellement, à l’exception d’un câble dont je ne connais pas encore la destination exacte.
La prochaine étape sera soit la finition de la coque, soit le début de la peinture des intérieurs. Rien n’est figé, le chantier avance comme il vient.


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